Les sentiers littoraux dans le golfe du Morbihan

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Le sentier côtier est réservé uniquement aux pietons ... Le sentier côtier est réservé uniquement aux pietons ... Lionel Picard, ONCFS

Avec ses côtes échancrées et ses rias profondes, le département du Morbihan dispose d'un linéaire côtier très important. Cela est particulièrement le cas dans le golfe du Morbihan où la servitude littorale (SPPL) est mise en place pour une grande partie de son linéaire. Ces sentiers sont réservés aux piétons, permettant à tous la pratique de la randonnée et de la promenade. Ce sont également des zones sensibles et fragiles pour lesquelles il est essentiel d'observer quelques règles d'usages : ne pas sortir des sentiers, ne pas laisser divaguer les chiens, interdiction des vélos, chevaux et engins motorisés ...

 

La Servitude de Passage pour les Piétons sur le Littoral (SPPL)

Aujourd'hui, il est possible de circuler librement à pied sur la quasi-totalité du linéaire côtier du golfe du Morbihan. Au delà des  traditions de passage "historiques" (sentiers des "douaniers"), cela est notamment du à la mise en place de la SPPL depuis quelques années.

L’origine du sentier du littoral remonte à la Révolution dans un objectif de surveillance des côtes. Utilisé par les douaniers jusqu’au milieu du XXème siècle, il tend ensuite à être abandonné. S’ensuit une période d’urbanisation progressive avec par endroits l’implantation d’habitations au contact direct de la côte.
En 1973, le Ministère de l’Equipement commence à mettre en oeuvre des chemins piétonniers afin de rendre le littoral plus accessible au public. La loi du 31 décembre 1976, parfois surnommée « loi Giscard » institue l’obligation de la mise en place d’une servitude de passage le long du littoral, dite servitude longitudinale.
Les propriétaires de terrains privés riverains se voient donc obliger de céder une bande de 3 m. de large en limite de DPM (Domaine Public Maritime)La « Loi Littoral » (n°86-2 du 3 Janvier 1986), en permettant la création d’une servitude transversale au rivage, renforce cette volonté d’ouverture et d’accès à partir des sites riverains de la mer.
Le sentier est un droit de passage sur les propriétés privées réservé exclusivement aux piétons (articles L.160 -6 à L.160 -8 et R.160 -8 à R.160 -33 du code de l’urbanisme).
La mise en oeuvre de cette servitude est assurée par les services de l’Etat, Directions Départementales de l’Equipement ou Services Maritimes (aujourd'hui DDTM), en concertation avec les élus locaux et les propriétaires concernés. Lorsque le passage est possible sur le tracé de droit de la servitude, le sentier est directement aménagé et ouvert au public. Le tracé doit tenir compte des caractéristiques du site traversé (éviter les zones instables ou accidentées, points de vue), de la tranquillité des propriétaires riverains, de la sécurité des promeneurs, des travaux nécessaires à l’ouverture du sentier (coût modéré), de la continuité du cheminement.
La modification éventuelle du tracé de la servitude fait l’objet d’une procédure : étude de définition du tracé, consultation des collectivités locales concernées, enquête publique, délibération du Conseil Municipal, approbation du tracé par arrêté préfectoral.
En raison de certaines caractéristiques de la  côte, il se peut que le tracé droit ne soit pas retenu et la définition d’un tracé modifié devient alors souvent nécessaire. Cette étape, longue et difficile, doit être menée en étroite concertation avec les élus, les associations et les propriétaires concernés, afin d’éviter les contestations lors de l’enquête publique, et les recours en contentieux.

A titre exceptionnel,  la servitude instituée peut être suspendue (article R.160 -14 du Code de l’Urbanisme) :
-    Lorsque les piétons peuvent circuler le long du rivage de la mer grâce à des voies ou passages ouverts au public. Ce motif est rejeté quand la voie invoquée est submergée par les eaux une partie même très courte de l’année.
-   Si le maintien de la servitude de passage fait obstacle au fonctionnement soit d’un service public, soit d’un établissement de pêche bénéficiaire d’une concession, soit d’une entreprise de construction ou de réparation navale, Le but principal de ce motif est d’éviter les conflits entre les activités économiques et les loisirs situés sur le littoral.
-   Pour des raisons de sécurité publique, à l’intérieur des limites d’un port maritime ou à proximité des installations utilisées pour les besoins de la défense nationale
Si le maintien de la servitude de passage est de nature à compromettre soit la conservation d’un site à protéger pour des raisons d’ordre écologique ou archéologique, soit la stabilité des sols (parcs nationaux, réserves naturelles, zones de dunes instables, zones de nidification,  zones d’effondrement en bordure de falaise).

Dans le golfe, les cas de suspension ou de contournement de la servitude de passage sont essentiellement dus à la présence des chantiers ostréicoles et des sites d’intérêts écologiques.
Pour ce dernier cas, certaines portions ont fait l'objet de suspension afin de préserver la quiétude des oiseaux (marais du Duer), des solutions alternatives sont proposées en arrière afin de pouvoir tout de même permettre la circulation des piétons.
Pour d'autres secteurs délicats où la servitude n'a pas encore été mise en place, le SMVM (Schémas de Mise en Valeur de la Mer) prévoit qu'elle ne le sera qu'après études d'incidence "Natura 2000" et en aucun cas le long de la zone de tranquillité des oiseaux (fond de la baie de Sarzeau, côte est de Tascon, amont des rives du Vincin).
Quelques secteurs sont donc encore à l'étude.


La digue qui longe le marais du Duer (Sarzeau) a fait l'objet d'une suspension de servitude afin de                 Lionel Picard, ONCFS

préserver la quiétude des oiseaux, très nombreux dans ce secteur. Un chemin aménagé et disposant
d'observatoires passe en arrière du marais,
une bonne manière de combiner préservation des oiseaux et accès au public.

Circulation sur les sentiers littoraux

Il est  essentiel de retenir que la SPPL est réservée aux PIETONS.

Pour plusieurs motifs, il est important de ne pas sortir des sentiers.
Certains sentiers littoraux se trouvent notamment en surplomb de falaise (pointe du Blair par exemple), il convient de faire preuve de prudence.
D'un point de vue écologique, les abords des sentiers sont parfois constituées d'écosystèmes fragiles et sensibles au piétinement trop important. De plus, certaines zones limitrophes sont très importantes pour la quiétude des oiseaux : chercher à s'approcher peut créer un réel dérangement et l'abandon du site par les oiseaux.
Enfin, la servitude passe sur des terrains privés.

Quelques sentiers hors SPPL permettent la circulation des bicyclettes, c'est le cas notamment des portions de Vannes (Conleau / Vincin, Kerino / pointe de Rosvelec, mais pour la plupart des sites cette pratique est interdite. La SPPL n'est pas conçue pour recevoir des vélos, généralement trop étroite, parfois escarpée. De plus, les vélos peuvent être des agents d'érosion importants, formant rapidement des ornières et déstabilisant les berges.
Malgré un affichage de la réglementation dans ce domaine, il n'est pas rare de croiser des cyclistes sur certaines portions piétonnes notamment sur les deux grandes îles (Iles aux Moines, Ile d'Arz), et ce, malgré les efforts des communes pour informer les usagers.

Par ailleurs, l'ensemble des sentiers littoraux est interdit à la circulation motorisée.

Pour en savoir plus sur la SPPL  : Associations Amis des chemins de ronde


Les sentiers littoraux peuvent subir de fortes pressions momentanées (sur la photo, rassemblement          Lionel Picard, ONCFS
de spectateurs lors de la semaine du golfe 2009, sur les pourtours de Port-Navalo). L'érosion par le
piétinement est l'un des paramètres les plus délicats à prendre en compte
dans l'aménagement de ces sentiers.

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L'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage

L'ONCFS est un établissement public, sous double tutelle des Ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture, en charge de la connaissance de la faune sauvage et de ses habitats, de la police de la chasse et de l'environnement et de l'appui technique auprès des décideurs politiques, aménageurs et gestionnaire de l'espace rural.  L'ONCFS est implanté dans tous les départements métropolitains et d'outre-mer.

Site internet : www.golfedumorbihan.org Adresse mail Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

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